Nota bene pré billet : quand j'écris fils, ce sont ceux qui riment avec Bill, mille, il, et non avec glisse ou blinis, qu'on soit clair...y a rien de déprimant dans mon histoire, et personne ne m a enlvé sauvagement mes enfants que je n'ai pas..Bon, voilà, on est au clair, on y va.
L'anesthésie, même pas peur, il suffit de savoir compter.
L'opération, même pas peur, tu dors et tu te rends compte de rien. Et pis en plus, franchement, j'ai joué plein de fois au Docteur Maboul. Au début ça fait drinnnng tout le temps, mais après, tu arrives à sortir les os et autres bidules coincé dans le corps du pauvre patient, à l'aide de ta pince à épiler reliée à un fil rouge...et je suis sûre que Chir, il a dû bien s'entraîner pour avoir son diplôme de chirurgien...(j'y pense, j'aurais dû lui proposer une partie avant, pour vérifier...)tant pis...
Les piqûres, même pas peur, il me suffit de ne pas regarder.
Mais, depuis le début de ce grand jeu "trouvez l'appendice de Cynthia, çui qui est tout rouge inflammé au fond à droite et si vous le sortez vous avez droit à 2 schokobons", y'a un truc qui me turlupine. Et ce truc, ce sont les fils. La couture, ça m'a jamais attirée, mais depuis que c 'est moi qu'on a utilisé pour faire du point de croix, je tergiverse.
Quand ils ont commencé leur canevas, je dormais, ils ont joué sans moi. Mais maintenant, je suis réveillée...Ah ben voilà, on a bien déliré, on a fait de la couture, mais va falloir retirer tout ça..et là, y a comme un hic, parce que, ben, je ne veux pas. J'ai demandé aux deux infirmières si y'avait pas moyen de me refaire un coup de masque, "7, 8, 9 dans mon panier neuf", hop, je fais dodo, faîtes ce que vous voulez avec votre joli fil bleuté, avec vot' jo-li fil bleu-té...mais je refuse de voir ça. Vous m'avez déjà séparé de l'appendice, et maintenant quoi? Vous voulez aussi enlever les fils? Ben retirez moi les amygdales et les ongles des orteils, tant que vous y êtes!
Bon...y paraît que le coup du masque, c'est pas possible. Et que les fils, va falloir que je m'en sépare. J'aurais bien chanté " c'est mes fils, ma bataille", mais j'ai rappelé dans le nota bene de début comment fallait le dire, alors j'aurais l'air benêt maintenant. ok.
Tout le monde s'est voulu rassurant: " ça va pas faire mal, moi, j'ai rien senti...rien du tout, chatouillis...patata et patati..."Mais moi, je suis comme Saint Thomas, j'attends de voir.Et j'ai peur.
Et l'infirmière est en retard. Et...joie intense; Ptêt elle m'a oublié?! Oups. Elle est là. Je lui demande de parler, de ne pas s'arrêter de discuter, que je pense à autre chose. Mais de ne pas me faire rire, je voudrais pas qu 'elle se loupe, et moi avec par la même occaz, j'ai peur, j'ai peur...Elle est rassurante, Sandrine, l'infirmière. Elle me dit " oh ben dis donc, en plus, ils les ont bien serrés!" Merci Sandrine, dans le genre rassurant, c 'est non acquis direct que je te mettrais.
Et j'ai peur...euh...ça y est, c'est fini, là? Ah ben...même pas mal...Même plus peur!
J'ai survécu, et franchement, j'voudrais pas dire, mais se faire retirer les fils, ça fait pas mal, moi, j'ai rien senti...rien du tout, chatouillis, patata et patati!"